Tumor_Suppressor_PNAS_Roux

Cellules de mélanome exprimant le suppresseur de tumeur PDCD4 (en vert) avant et après le traitement avec un inhibiteur de la voie Ras/MAPK

Les laboratoires de Philippe Roux et de Pierre Thibault à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal, en collaboration avec John Blenis (Harvard Medical School), Benjamin Turk (Université Yale) et Bryan Ballif (Université du Vermont), ont publié récemment dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) une étude protéomique dévoilant des cibles novatrices et des mécanismes moléculaires dans le développement de mélanomes.

Dirigée par Jacob Galan, boursier postdoctoral et membre de l’équipe de Philippe Roux, la publication décrit la première étude protéomique globale afin d’identifier des cibles de la voie Ras/MAPK dans le mélanome et à quantifier la portée de la modification chimique, appelée « phosphorylation », subie par ces cibles lors de l’activation de la voie. La phosphorylation transforme souvent l’activité des protéines ciblées de façon extraordinaire.

« Je me suis joint au laboratoire de Philippe Roux en 2011 afin de partager mes compétences en protéomique basée sur la spectrométrie de masse et d’étudier la voie Ras/MAPK dans les mélanomes, puisque le groupe de Philippe avait déjà publié plusieurs études importantes sur ce sujet. En collaboration avec Geneviève Lavoie, un autre membre de l’équipe, et d’Evgeny Kanshin, du laboratoire de Pierre Thibault, nous avons commencé un projet qui vise à dévoiler les chaînes de phosphorylation dans les mélanomes à l’échelle globale. Nous avons pris contact avec trois autres groupes aux États-Unis pour terminer cette étude qui a mené à une meilleure compréhension de cette maladie », a expliqué Jacob Galan.

Les travaux des équipes ont dévoilé qu’en agissant par l’intermédiaire d’un enzyme appelé RSK, l’activation de la voie de signalisation cellulaire aboutit sur la réduction dans la quantité d’un suppresseur de tumeur nommé PDCD4; un suppresseur qui, normalement, freine la croissance de mélanomes et de plusieurs autres types de cancer. Inversement, l’équipe de Philippe Roux a découvert que freiner précisément l’enzyme RSK peut avoir l’effet contraire et mener à l’accumulation de la quantité du suppresseur de tumeur PDCD4, ce qui empêche la croissance et la prolifération de cellules dans les mélanomes. Des méthodes de réexpression de gènes suppresseurs de tumeur dans les cellules cancéreuses comme celle-ci représentent une voie prometteuse dans le traitement du cancer.

« M. Galan a tiré avantage des techniques et des méthodes élaborées dans mon laboratoire de l’IRIC et aussi de la plateforme de protéomique de l’Institut. Dès le départ, j’ai été enchanté par l’enthousiasme, la créativité et les efforts de M. Galan. Il se consacre aux travaux visant à élucider les réseaux de signalisation dans les cellules cancéreuses, et ses résultats ont levé le voile sur de nouvelles informations importantes pour le traitement des mélanomes », a affirmé Philippe Roux, chercheur principal de l’IRIC et professeur agrégé au Département de pathologie et biologie cellulaire de la Faculté de médecine, Université de Montréal.

L’équipe de Philippe Roux forme un laboratoire multidisciplinaire qui fait appel à la génétique des souris, à des techniques biochimiques, moléculaires et de biologie cellulaire, de même qu’à la protéomique pour étudier la transduction du signal oncologique dans les cellules normales et cancéreuses. Le laboratoire cherche principalement à comprendre les mécanismes moléculaires par lesquels les oncogènes transforment une cellule normale en cellule cancéreuse.

Étude citée

Phosphoproteomic analysis identifies the tumor suppressor PDCD4 as a RSK substrate negatively regulated by 14-3-3
Galan JA, Geraghty KM, Lavoie G, Kanshin E, Tcherkezian J, Calabrese V, Jeschke GR, Turk BE, Ballif BA, Blenis J, Thibault P, Roux PP
PNAS, 7 juillet 2014

À propos de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie

Pôle de recherche et centre de formation ultramoderne, l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal a été créé en 2003 pour élucider les mécanismes du cancer et accélérer la découverte de nouvelles thérapies plus efficaces contre cette maladie. L’IRIC fonctionne selon un modèle unique au Canada. Sa façon innovante d’envisager la recherche a déjà permis de réaliser des découvertes qui auront, au cours des prochaines années, une incidence significative dans la lutte contre le cancer. Pour plus d’informations : www.iric.ca