L’équipe de Julie Lessard, chercheure principale à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’Université de Montréal et professeure au Département de pathologie et biologie cellulaire de la Faculté de Médecine, a publié une étude dans la prestigieuse revue scientifique Nature Genetics. Cette étude, réalisée en collaboration avec les Drs Louis Gaboury et Guy Sauvageau, chercheurs principaux à l’IRIC, décrit la découverte d’un mécanisme essentiel dans la production de globules blancs spécialisés dans la défense de l’organisme contre les infections.

Les premiers répondants de l’organisme

Le gène Smarcd2 est essentiel à la production des neutrophiles et des éosinophiles, des cellules spécialisées qui défendent l’organisme contre les pathogènes (ce qu’on appelle aussi le système immunitaire inné). On les retrouve abondamment dans le sang : elles constituent, pour un individu normal, de 50 à 60 % des cellules sanguines. Ces gardiennes sont habituellement les premiers répondants qui arrivent sur le site d’une infection.

 

La moelle osseuse d’un adulte en santé produit plus de 100 milliards de neutrophiles par jour, un chiffre qui peut être multiplié par 10 lors d’une infection aiguë.

Dans le laboratoire de Julie Lessard, on a constaté que la suppression du gène Smarcd2, chez la souris, entraîne un blocage de la production de ces cellules immunitaires au niveau de la moelle osseuse, menant à une mort prématurée de l’animal.

Une maladie immunitaire aux symptômes similaires

Cette observation rappelle un désordre congénital chez l’humain appelé « specific granule deficiency » (SGD), qui non seulement provoque des infections sévères dues à l’absence de neutrophiles, mais est souvent associé à un syndrome myelodysplasique pouvant évoluer vers une leucémie.

Alors que les cinq premiers patients dans le monde ont été répertoriés au début des années 1970, les bases moléculaires de cette maladie du système immunitaire ne sont pas encore entièrement comprises.

Une étude du groupe du Dr Christoph Klein, en Allemagne, publiée dans la même revue scientifique, a identifié des mutations dans le gène SMARCD2 chez des patients atteints de cette maladie, démontrant ainsi que les fonctions de ce gène sont conservées chez l’humain.

« Nos études ont permis d’identifier un régulateur essentiel de la réponse immunitaire innée et permettent une meilleure compréhension des anomalies moléculaires responsables d’une maladie du système immunitaire», précise Pierre Priam, étudiant au doctorat dans le laboratoire de Julie Lessard, et premier auteur de l’étude.

Priam P., Krasteva V., Rousseau P., D’Angelo G., Gaboury L., Sauvageau G. and Lessard JA. Smarcd2 Subunit of SWI/SNF Chromatin-remodeling Complexes Mediates Granulopoiesis through a CEBPe-Dependent Mechanism. Nature Genetics. Advance Online Publication April 3, 2017. DOI: 10.1038/ng.3812. voir l’article

 

À propos de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC)

Pôle de recherche et centre de formation ultramoderne, l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie de l’Université de Montréal a été créé en 2003 pour élucider les mécanismes du cancer et accélérer la découverte de nouvelles thérapies plus efficaces contre cette maladie. L’IRIC fonctionne selon un modèle unique au Canada. Sa façon innovante d’envisager la recherche a déjà permis de réaliser des découvertes qui auront, au cours des prochaines années, une incidence significative dans la lutte contre le cancer. Pour information : www.iric.ca.