Par Martin Primeau

À l’intérieur de chaque cellule se cachent des milliers de protéines qui s’attachent les unes aux autres pour transmettre de l’information. Cette communication implique souvent 2 protéines à la fois, mais il peut aussi y en avoir 3 ou plus! Certains de ces assemblages jouent des rôles clés dans la signalisation et le contrôle de la prolifération des cellules et il est donc important de pouvoir détecter leur formation ou leur dissociation.

Voilà justement le but de la nouvelle méthode de détection baptisée BRETFect, qui a été mise au point par une équipe inter-disciplinaire associant plusieurs chercheurs principaux à l’IRIC, les professeurs Michel Bouvier, Étienne Gagnon et Sylvie Mader, et le Dr David Cotnoir-White, qui a réalisé ces travaux pendant sa thèse de Doctorat dans le laboratoire de cette dernière. Le groupe a récemment dévoilé la preuve de principe de cette approche, et démontré sa capacité à générer de nouvelles connaissances, dans la prestigieuse revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences.

Cette approche combine de façon innovante des techniques déjà existantes pour mesurer comment les protéines interagissent entre elles. Elle repose sur l’utilisation de 3 protéines luminescentes, chacune jumelée à une des 3 protéines étudiées. Advenant que ces dernières s’associent en complexe, le trio de protéines luminescentes coopère pour émettre une lumière que les chercheurs détectent en temps réel, à l’intérieur même des cellules, et ce jusqu’au désassemblage du complexe.

Les auteurs ont notamment évalué comment une hormone, l’estradiol, stimule l’assemblage d’un complexe actif formé par le récepteur des estrogènes, qui est une cible thérapeutique dans deux tiers des cancers du sein. Il existe deux versions de ce récepteur, qui ont des propriétés différentes mais peuvent s’associer entre elles et avec des protéines indispensables pour leurs effets biologiques distincts dans le cancer du sein. Grâce au BRETFect, les chercheurs ont dévoilé l’impact de ligands naturels et de médicaments utilisés pour le traitement du cancer du sein sur les différents assemblages possibles.

Cette approche devrait grandement faciliter le développement de nouveaux médicaments capables d’une plus grande précision dans le ciblage de complexes actifs de protéines.

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