L’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal célébrait le 12 juin dernier, les 10 ans d’activités de sa plateforme de chimie médicinale, la plus grande de ce genre en milieu académique au Canada. L’IRIC annonce aujourd’hui la fin de la phase I/II de l’étude clinique testant l’efficacité de greffons traités par la molécule UM171 chez des patients atteints d’un cancer du sang.

UM171, une molécule porteuse d’espoir

Nommée « UM171 » en l’honneur de l’Université de Montréal, première en son genre, la molécule permet de multiplier par 10 la quantité de cellules souches hématopoïétiques contenue dans une unité de sang de cordon ombilical. Elle a été découverte en 2014 par les équipes d’Anne Marinier, chercheure principale et directrice de la chimie médicinale à l’IRIC, et du Dr Sauvageau, chercheur principal à l’IRIC et hématologue à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal). Cette découverte est le fruit d’une collaboration entre plusieurs équipes de l’IRIC, dont une équipe de 42 chimistes et biologistes spécialisés en découvertes de médicaments.

« La découverte du UM171 est une démonstration éloquente de l’efficacité et de la cohésion du modèle de recherche unique de l’IRIC. Le succès très prometteur de cette molécule, obtenu en moins de 10 ans d’existence, est certainement garant des futures découvertes à venir à l’IRIC », souligne Anne Marinier chercheure principale et directrice de la chimie médicinale à l’IRIC.

En alliant des expertises en recherche fondamentale, translationnelle et appliquée, les équipes de l’IRIC travaillent, autant que possible, à transformer chaque effort de recherche en solutions thérapeutiques au bénéfice des patients.

L’étude clinique

L’étude clinique menée à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont a débuté en février 2016. Elle a permis de tester la technologie ECT-001, détenue par ExCellThera Inc., qui combine la molécule UM171 et un système de culture cellulaire optimisé.

L’étude clinique a été menée auprès de 25 patients, âgés de 19 à 62 ans, pour la plupart atteints d’une leucémie aiguë à haut risque. La majorité de cette cohorte a répondu positivement à la greffe de cellules et tous seront suivis pendant une période de trois ans.

La technologie développée et les résultats prometteurs de l’essai clinique sont porteurs d’espoir pour optimiser le traitement des patients atteints de maladies du sang dont les leucémies, les myélomes et les lymphomes, assurer une transplantation de cellules souches de façon plus efficace qu’auparavant et réduire les complications qui peuvent se produire lors de la greffe de cellules souches, et ce, pour des milliers de patients.

Un travail de collaboration

Une telle avancée est rendue possible grâce à la participation de plusieurs partenaires et collaborateurs, qui, au fil des années, ont soutenu l’initiative, du projet de recherche, à l’application clinique. Mentionnons le Centre d’excellence en thérapie cellulaire de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (CIUSSS de l’Est–de-l’Île-de-Montréal), la ‘British Columbia Cancer Agency’, le ‘Fred Hutchinson Cancer Research Center’ de Seattle, IRICoR, le ‘Center for Commercialization of Regenerative Medecine’, Héma-Québec, l’Université de Toronto, le Réseau de cellules souches, le Réseau de thérapie cellulaire et tissulaire du Fonds de recherche du Québec – Santé, le ‘National Institutes of Health’ des États-Unis, l’Institut de recherche de la Société canadienne du cancer et les Instituts de recherche en santé du Canada.