Signalisation et biologie structurale du cancer

Figure6Des changements irréguliers au matériel génétique de divers types de cellules sont à l’origine des cancers. Ces changements résultent fréquemment en la création de protéines mutantes, ou en une surproduction de protéines, menant à une croissance cellulaire non régulée. La protéine RAS est depuis longtemps reconnue comme l’un des principaux facteurs de l’apparition du cancer chez les humains, avec plus de 30 % des tumeurs présentant des mutations de RAS. Cette protéine est donc une des cibles principales du développement de médicaments. Les protéines RAS sont encodées par trois proto-oncogènes : le HRAS, le KRAS et le NRAS. De ceux-ci, les mutations du KRAS sont les plus fréquentes dans les cas de cancers humains, présentes dans 22 % des tumeurs, dans 61 % des cancers du pancréas, dans 33 % des cancers du côlon et dans 17 % des cancers du poumon. Aujourd’hui, ces derniers font partie des cancers les plus résistants aux traitements cliniques : les carcinomes du poumon sont la principale cause de décès dû au cancer dans le monde.

Malgré des efforts considérables, il n’existe toujours pas de médicament testé en clinique ciblant la protéine RAS. En effet, les traitements des cancers causés par la protéine RAS se sont jusqu’à présent centrés sur les cibles qui activent la protéine RAS ou sur celles qui transmettent les signaux des RAS activées. Malheureusement, ces traitements ciblés ne signifient toujours pas un progrès clinique significatif, à cause du plus important obstacle au traitement du cancer : la prévalence de la résistance acquise aux médicaments. Il est aujourd’hui évident que les polythérapies ciblant les voies associées à la RAS et aux multiples niveaux à l’intérieur de ces mêmes voies seront nécessaires pour faire avancer les résultats cliniques chez les patients atteints de tumeurs causées par la RAS.

Pour y arriver, notre équipe travaille au développement de stratégies thérapeutiques novatrices en intégrant son approche en génomique, en biologie structurelle ciblée, en essais avancés sur la signalisation cellulaire, ainsi qu’en protéomique dans le but de mieux comprendre comment la signalisation des RAS centrales et hautement adaptables agit pour initier et nourrir la transformation. Ceci comprend l’identification de nouveaux partenaires de signalisation, la caractérisation des interactions de protéines clés et des approches en biologie cellulaire pour évaluer les nouvelles observations biochimiques. Ces analyses détaillées des interactions du réseau des RAS avec les biomolécules ouvrira la voie à des améliorations notables dans l’élaboration des médicaments et des approches thérapeutiques, qui redéfiniront les traitements contre le cancer de la prochaine génération.

Suivez l'IRIC

Logo UdeM