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Rencontrez Simon-Pierre Gravel, nouveau chercheur à l’IRIC!
Publié le 23 mars 2026
L’IRIC est fier de souligner l’arrivée de Simon-Pierre Gravel comme nouveau chercheur principal à l’Unité Métabolisme cellulaire et signalisation du cancer. Simon-Pierre Gravel a généreusement accepté de répondre à quelques questions:
Qu’est-ce qui vous a mené à faire de la recherche? Et plus spécifiquement, de la recherche en cancérologie?
Simon-Pierre Grave (S.P.G): J’ai toujours été attiré par les questions fondamentales : comprendre comment fonctionnent les cellules et pourquoi certaines dérèglent leurs mécanismes au point de provoquer des maladies. Très tôt, je me voyais devenir professeur ou chercheur, sans savoir qu’il était possible d’être les deux à la fois. Ce n’est toutefois qu’à l’université que j’ai véritablement découvert la recherche, et j’ai eu la piqûre dès le début de mes études graduées. Pendant mon doctorat, je me suis intéressé à la réponse immunitaire innée dans le contexte des maladies chroniques. Ce travail m’a ensuite conduit à approfondir l’étude des mitochondries, des organites fascinants surtout connus pour leur rôle dans le métabolisme et le contrôle de la mort cellulaire. À cette époque, un nouveau rôle des mitochondries commençait à émerger : celui d’une plateforme clé dans la réponse immunitaire innée. Lors de mon stage postdoctoral, cette expertise m’a amené à participer à plusieurs projets collaboratifs en cancérologie, notamment sur le métabolisme du cancer du sein. Ces collaborations ont été déterminantes, car elles m’ont montré à quel point l’étude du métabolisme cellulaire pouvait éclairer des questions fondamentales en biologie du cancer. C’est ainsi que mon intérêt pour la cancérologie s’est progressivement imposé et est devenu au cœur de mon programme de recherche.
Comment en êtes-vous venu à vous spécialiser dans votre champ de recherche actuel?
Simon-Pierre Grave (S.P.G) : Les processus biologiques n’évoluent jamais isolément et ne peuvent être pleinement compris sans considérer le contexte dans lequel ils s’inscrivent. Les questions de recherche contemporaines sont complexes et nécessitent souvent une combinaison d’expertises, tant dans leur formulation que dans les approches utilisées pour y répondre. Mon champ de recherche actuel s’est donc construit progressivement, comme la convergence naturelle des expertises que j’ai développées au fil de ma formation universitaire. Aujourd’hui, ces approches se rejoignent dans l’étude du cancer et du vieillissement, deux domaines où les interactions entre le métabolisme cellulaire, la signalisation et la réponse immunitaire jouent un rôle central. D’une certaine manière, j’ai l’impression de ne jamais avoir complètement quitté mes projets de recherche passés : ils continuent de m’accompagner et nourrissent souvent les questions que j’explore aujourd’hui. Je dois admettre que je suis un peu nostalgique!
Comment le modèle de l’IRIC a-t-il retenu votre attention?
Simon-Pierre Grave (S.P.G): Pendant mes études doctorales et postdoctorales, j’ai eu l’occasion d’utiliser plusieurs plateformes technologiques de l’IRIC, notamment en histologie, en protéomique, en génomique et en bio-imagerie. Ces expériences m’ont permis de découvrir un environnement scientifique d’une grande qualité, mais aussi une communauté où le professionnalisme s’accompagne d’un profond respect entre les personnes. Que ce soit avec les étudiant(e)s, les stagiaires postdoctoraux, les technicien(ne)s, les responsables de plateformes ou les professeur(e)s, j’ai toujours été marqué par la qualité des échanges et par l’esprit de collaboration qui y règne. Aujourd’hui, en tant que professeur, je mesure davantage la richesse et la complexité de cet écosystème. Derrière les découvertes scientifiques se trouvent des équipes passionnées et hautement qualifiées dont l’expertise rend possible une recherche ambitieuse et rigoureuse. C’est cette combinaison d’excellence scientifique, de collaboration et d’engagement humain qui rend le modèle de l’IRIC particulièrement inspirant.
Votre plus grand souhait pour les prochaines années?
Simon-Pierre Grave (S.P.G): J’ai plus d’un souhait. Le premier est que la recherche fondamentale demeure reconnue, respectée et libre. Les découvertes scientifiques ne sont pas prédictibles, et leurs retombées le sont encore moins. Qui aurait pu imaginer qu’une observation intrigante d’éléments répétés dans le génome bactérien mènerait à la révolution du génie génétique que représente aujourd’hui la technologie CRISPR-Cas, avec ses promesses pour la médecine? Mon deuxième souhait concerne l’intégrité de la recherche scientifique : que les publications demeurent rigoureuses, que leurs résultats soient reproductibles et que leurs conclusions reposent sur des analyses solides. À l’heure où l’intelligence artificielle peut tirer des conclusions à partir d’un grand nombre d’articles, il devient d’autant plus important que ces travaux aient été évalués avec rigueur par les pairs. Enfin, j’espère que les articles scientifiques continueront d’être lus attentivement et ne se résumeront pas à quelques « highlights » ou à des modes passagères. La littérature scientifique recèle un nombre incalculable de petits joyaux, de modèles d’excellence et de découvertes oubliées qui méritent d’être redécouverts pour assurer la pérennité d’une longue tradition scientifique.