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Des chercheurs de l’IRCM et de l’IRIC collaborent avec l’Université de Cambridge pour révéler un mécanisme impliqué dans la formation des métastases

Publié le 27 juillet 2020

Dans un article récemment paru dans la prestigieuse revue Nature Communications, des chercheurs de l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) et de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal ont collaboré avec l’éminent chercheur David Barford de l’Université de Cambridge pour mettre en lumière la structure 3D du complexe ELMO/DOCK2.

Le complexe ELMO/DOCK2 est une importante machine moléculaire qui joue un rôle crucial pour la migration cellulaire dans le corps. La migration cellulaire est une fonction fondamentale à plusieurs égards, notamment pour la formation des organes chez l’embryon, la cicatrisation, ou tout simplement pour l’acheminement des cellules du système immunitaire aux sites d’infection. Toutefois, lorsque dérégulé, le complexe ELMO/DOCK permet une migration cellulaire aberrante et contribue à la formation de métastases, première cause de décès chez les personnes atteintes de cancer.

Les travaux de recherche issus de cette collaboration ont permis de dévoiler le détail moléculaire permettant de réguler finement cette machine « pour favoriser le mouvement des cellules ».

L’équipe de chercheurs a trouvé que le complexe ELMO/DOCK est capable d’adopter une forme inactive dans laquelle les différentes régions des protéines se replient et s’emboitent les unes dans les autres, à l’instar d’un robot Transformers. Sous cette forme « fermée », les régions de ELMO et DOCK2 connues pour interagir avec d’autres protéines sont masquées et donc inaccessibles. Sous sa forme « ouverte » – notamment lorsque la protéine RAC1, médiatrice de la migration cellulaire est engagée – le complexe devient accessible. Il favorise alors de nombreuses interactions avec ses protéines cibles pour conduire à la migration cellulaire.

« Le travail a généré une grande quantité d’information jusque-là inconnue sur le complexe ELMO/DOCK qui stimulera de nombreuses études futures à travers le monde. Ces informations permettront aussi de mieux comprendre le fonctionnement de l’ensemble des machines de la famille DOCK, » souligne Jean-François Côté, chercheur et vice-président à la recherche et aux affaires académiques à l’IRCM, et professeur au département de médecine de l’Université de Montréal.

« Il existe 14 protéines ELMO et DOCK, et plusieurs sont impliquées dans des maladies humaines. Cette découverte démystifie certains des mécanismes fondamentaux responsables de la maladie. Il s’agit donc d’une première étape qui mènera très certainement à une meilleure compréhension des métastases et des cellules cancéreuses, » précise Matthew Smith, chercheur principal à l’IRIC et professeur sous octroi adjoint au Département de pathologie et biologie cellulaire de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Accéder à l’article complet ici.

 

Remerciements

Les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), le Fonds de recherche du Québec-Santé (FRQS), les Chaires de recherche du Canada (CRC) et la Chaire Transat.