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Katherine Borden est élue à la Société royale du Canada

Publié le 7 septembre 2022

La professeur Katherine Borden, directrice de l’Unité de recherche en structure et fonction du noyau cellulaire l’IRIC et professeure titulaire au Département de pathologie et biologie cellulaire de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, a été élue membre de l’Académie des sciences de la Société royale du Canada (SRC).

Fondée en 1882, la SRC vise à favoriser l’interdisciplinarité et l’avancement du savoir de même qu’à s’attaquer aux enjeux essentiels pour le Canada. L’élection de ses membres se fait par les pairs, et est basée sur leur contribution aux arts, aux lettres, à la science et au service de la population canadienne. Il s’agit de l’honneur le plus prestigieux pouvant être accordé aux universitaires œuvrant au Canada. La SRC compte actuellement plus de 2500 membres universitaires et artistes provenant de toutes les régions du Canada.

C’est avec honneur et humilité que Katherine Borden intègre la SRC. « La SRC occupe une place unique pour faire progresser les connaissances et aborder un large éventail de sujets importants allant de la COVID aux changements climatiques, apportant des perspectives éclairantes fondées sur des données probantes. J’ai hâte de participer pleinement à de telles initiatives dans des domaines où mon expertise peut être utile », souligne-t-elle.

 

La reconnaissance d’une véritable pionnière

Depuis plus de 20 ans, Katherine Borden innove et repousse les limites des connaissances en biologie des ARN. Experte reconnue mondialement, la professeure Borden a notamment découvert de nouvelles fonctions pour la protéine eIF4E dans la maturation et l’export nucléaire des ARN messagers (ARNm), bousculant complètement ce qui était jusqu’alors connu. De plus, ses travaux ont démontré que ces nouvelles fonctions d’eIF4E contribuent à ses capacités cancérigènes. Par des approches de biologie moléculaire, structurale et cellulaire, elle a en outre transformé la façon dont la maturation des ARNm était comprise.

« Je suis très heureuse de nos contributions qui montrent de quelle façon les cellules cancéreuses arrivent à détourner l’information génétique en agissant sur le métabolisme des ARN, leur permettant d’influencer à leur tour la production de protéines cancérigènes », souligne Katherine Borden.

Ces découvertes fondamentales en biologie des ARNm ont pavé la voie à des essais cliniques inédits, ciblant eIF4E, la traduction et l’export des ARMm pour la première fois chez l’Humain. Ces études pancanadiennes ont donné des résultats prometteurs, des cas de rémissions étant même observés pour une sous-catégorie de personnes atteintes de leucémie myéloïde aiguë. Les travaux du laboratoire Borden ont permis d’établir la pertinence thérapeutique de ces nouvelles cibles, suscitant un intérêt international pour les cibler dans d’autres types de cancer.

« Humainement, nos études cliniques pionnières sont une grande source de fierté; elles ouvrent une nouvelle dimension thérapeutique pour de nombreux cancers. Rien de tout cela ne serait possible sans l’excellent travail de mon équipe, passée et présente. Merci à tous et toutes! » – Katherine Borden.

Les travaux de la professeure Borden illustrent de brillante façon de quelle manière la recherche fondamentale guidée par la curiosité peut mener à une révolution dans la compréhension d’une maladie, menant ultimement à des gains thérapeutiques.