Nouvelles

Une méthode inédite pour développer un vaccin anticancer de l’équipe du Dr Claude Perreault, de l’IRIC, désignée découverte scientifique de l’année 2019 par Québec Science!

Publié le 14 mai 2020

L’IRIC annonce la nomination du projet des équipes du Dr Claude Perreault, de Sébastien Lemieux et de Pierre Thibault, comme découverte scientifique de l’année 2019 par les lecteurs de Québec Science. Parmi les 10 découvertes québécoises les plus impressionnantes de la dernière année, le public a voté pour le projet d’un potentiel vaccin thérapeutique contre le cancer, avec 40 % des votes enregistrés.

Depuis des décennies, la quête d’un vaccin contre le cancer demeure infructueuse, mais ces chercheurs de l’IRIC ont réussi à changer la donne en fouillant dans « l’ADN poubelle ». Ce surnom est attribué à plus de 90 % de notre ADN sous prétexte que ce matériel génétique ne code pour aucune protéine. Nos scientifiques ont trouvé dans ces séquences d’ADN incomprises l’ingrédient pour une thérapie unique.

Tout vaccin doit fournir au système immunitaire une cible claire. Cette cible, ce sont des antigènes, des fragments de protéines présents à la surface des cellules. C’est grâce à eux que des cellules immunitaires spécialisées, les lymphocytes T, reconnaissent et éliminent les cellules malades. Or, les cellules cancéreuses présentent peu d’antigènes repérables par les lymphocytes T; elles restent ainsi indétectables et prolifèrent.

Les équipes impliquées dans le projet ont étudié de façon systématique tous les antigènes présents sur des cellules normales et des cellules cancéreuses pour ensuite repérer les différences entre les deux : les antigènes dits « cancer-spécifiques ». Une tâche colossale qui a révélé que la vaste majorité des antigènes cancer-spécifiques provenaient de l’ADN poubelle. Ils pourront servir de cibles chez plusieurs patients atteints d’un même type de cancer. Chez la souris, les résultats s’annoncent prometteurs : certains des vaccins testés ont guéri la totalité des rongeurs. Du jamais-vu!

Pour mettre au point un premier vaccin destiné à l’humain, les chercheurs se concentrent dans un premier temps sur le cancer de l’ovaire et la leucémie myéloïde aiguë. À ce propos, une avancée récente a permis de démontrer que les antigènes cancer-spécifiques se trouvent dans pratiquement toutes les tumeurs cancéreuses ovariennes et sont largement partagés entre celles-ci. D’ici trois ans, des études cliniques seront lancées. Si elles s’avèrent concluantes, des milliers de patients en verront un jour leur vie transformée.

 

Ont aussi participé à la découverte : Céline Laumont, Krystel Vincent, Leslie Hesnard, Éric Audemard, Éric Bonneil, Jean-Philippe Laverdure, Patrick Gendron, Mathieu Courcelles, Marie-Pierre Hardy, Caroline Côté, Chantal Durette, Charles St-Pierre, Mohamed Benhammadi, Joël Lanoix, de l’IRIC, ainsi qu’Elie Haddad et Suzanne Vobecky, du CHU Sainte-Justine.