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Trang Hoang, celle qui place l’humain au centre de la recherche scientifique

Publié le 11 février 2026

À l’IRIC, tout le monde connaît la chercheuse Trang Hoang. L’une des fondatrices de l’Institut, elle y dirige depuis 2003 l’Unité de recherche en hématopoïèse et leucémie. Son engagement, sa passion et son talent pour la collaboration ont bénéficié à de multiples générations de chercheurs, chercheuses, étudiants et étudiantes au fil des ans. En cette Journée internationale des femmes et des filles de sciences, prenons un moment pour braquer les projecteurs sur la carrière de cette bâtisseuse.

 

Une pionnière qui rêve grand

C’est en 1986 que Trang Hoang est recrutée à l’Université de Montréal, comme professeure au Département de pharmacologie et physiologie et comme toute première femme directrice de laboratoire de l’Institut de recherche clinique de Montréal (IRCM), centre montréalais de haut niveau dédié à la recherche en santé. Ce premier recrutement marquant est bientôt suivi par l’embauche de trois autres directrices de laboratoire à l’IRCM, témoignant de l’ouverture d’esprit du directeur de l’époque, le professeur Michel Chrétien.

À l’IRCM, la professeure Hoang ne tarde pas à joindre ses efforts à la vision institutionnelle de recherche de pointe : rapidement, elle contribue à implanter plusieurs structures de soutien à la recherche. Animalerie sans pathogènes spécifiques, plateformes de cytométrie en flux et de bio-imagerie; autant de services qui facilitent et accélèrent le travail des chercheurs et chercheuses.

Forte de ces premières années de carrière dans un environnement de recherche de haut niveau, Trang Hoang souhaite accélérer les découvertes à fort impact en cancérologie. Avec des collègues chercheurs, Trang Hoang imagine un institut de recherche sur le cancer basé sur la collaboration et la multiplicité des expertises, de même que sur des infrastructures de pointes, des liens avec les milieux cliniques et un continuum de recherche permettant de passer de la formation des étudiants et la découverte scientifique à la solution thérapeutique.

C’est sous l’impulsion de ce groupe que l’IRIC a été fondé en 2003 sur le campus de l’Université de Montréal, appuyé par l’équipe du recteur Robert Lacroix, avec la triple mission de former la relève, d’élucider les causes des cancers et de propulser le développement de nouvelles thérapies.

À peine deux décennies plus tard, des réussites notables comme la thérapie cellulaire UM171, maintenant approuvée en Europe, et le démarrage d’essais cliniques pour des vaccins thérapeutiques et des thérapies pour les tumeurs solides confirment que le modèle de l’IRIC mis sur pied par la professeure Hoang et ses collègues mène déjà à des impacts concrets pour les patients et les patientes.

 

Une carrière dédiée au développement de traitements moins invasifs

Cette volonté de faire une différence en cancérologie est bien présente dans le laboratoire Hoang. Son équipe a notamment découvert les cellules souches anormales à l’origine de la leucémie aiguë lymphoblastique (LAL), cancer le plus répandu chez les enfants. Trang Hoang et son équipe cherchent désormais à identifier des vulnérabilités à exploiter thérapeutiquement chez ces cellules souches pré-leucémiques.

 

La formation au cœur de sa mission

Le mentorat et l’encadrement sont présents dans pratiquement toutes les facettes des rôles de professeure et de chercheuse de Trang Hoang. Que ce soit auprès de la relève étudiante ou de collègues moins expérimentés, la professeure Hoang ne ménage pas les efforts ni le temps consacrés à l’accompagnement de la prochaine génération.

Dès le début de sa carrière, la professeure Hoang mise sur la formation de la relève par la création d’une journée scientifique entièrement consacrée aux étudiants et étudiantes. Présentations orales et par affiche, co-présidences de sessions, prix : cette journée offre différentes opportunités d’apprentissages aux étudiants et étudiantes. Formateur, l’événement a bénéficié à plusieurs scientifiques en herbe qui mènent aujourd’hui de belles carrières.

Cet élan de la professeure Hoang pour faire progresser l’enseignement se poursuit par son implication dans la réforme du programme d’études supérieures en biologie moléculaire de l’UdeM. Axé sur la recherche, ce programme offrait de la formation en laboratoire. Croyant fermement au potentiel d’une telle formation, Trang Hoang a fédéré les centres, instituts et départements autour d’une vision commune : un programme multi-centres, avec des cours repensés pour refléter les besoins de la recherche. Ce travail concerté a ainsi mené à l’établissement du premier programme multidisciplinaire au Québec. « C’est grâce à la vision, à la détermination et à l’engagement soutenu de Trang que le programme d’études supérieures en biologie moléculaire de l’UdeM s’est développé et continue de prospérer aujourd’hui », indique Marc Therrien, chercheur principal et directeur général de l’IRIC, qui était également du groupe fondateur de l’Institut.

Ce programme, Trang Hoang l’a ensuite dirigé pendant plus de quinze ans.  Ardente défenseuse de la recherche multidisciplinaire, elle a d’ailleurs contribué à y intégrer le premier curriculum de formation en biologie des systèmes au Québec. « Le programme de maîtrise et doctorat en biologie moléculaire demeure à ce jour l’un des plus appréciés de notre population étudiante », souligne Julie Lessard, chercheuse principale à l’IRIC.

« Le comité de mentorat des jeunes chercheurs et chercheuses de l’IRIC, développé par Trang, est une autre illustration éloquente de son implication auprès de la relève », ajoute Michel Bouvier, chercheur principal à l’IRIC. Destiné à soutenir les chercheurs et chercheuses recrues, ce comité facilite leur intégration, l’établissement de leur laboratoire et leur progression académique. « Trang a aussi été très pro-active dans le développement du Bureau des affaires académiques de l’IRIC », complète Sylvain Meloche, chercheur principal et membre fondateur de l’IRIC.

Son apport a ainsi été central à la concrétisation d’idées en structures durables d’encadrement étudiant et de suivi de carrières, à l’IRIC comme à l’UdeM. « Autant que la recherche, je suis convaincue que son dévouement pour la relève est une véritable vocation », mentionne Julie Mantovani, conseillère principale aux études de l’UdeM. « Elle a à cœur de transmettre son goût pour la recherche, et de tout faire pour qu’étudiantes, étudiants et collègues réussissent à leur plein potentiel. »

 

Innover en créant des ponts

Pour réaliser tous ces projets d’envergure, ses pairs s’entendent sur deux ingrédients clés de la « recette » Trang Hoang : l’innovation et la collaboration. « C’est la personne que j’ai côtoyée professionnellement qui a le plus d’énergie », témoigne Julie Mantovani. « Trang ne se contente jamais du statu quo, elle est continuellement en mode amélioration. »

« Trang possède un talent rare pour rassembler et fédérer », ajoute Guy Sauvageau, chercheur principal et membre fondateur de l’IRIC. « Elle comprend finement les enjeux scientifiques, institutionnels et humains, ce qui lui permet de bâtir des collaborations durables entre chercheurs, cliniciens, partenaires institutionnels et organismes externes. Son travail de liaison a un impact concret et structurant. »

C’est cette aptitude que possède Trang Hoang pour rallier les gens qui a permis de faire naître autant d’initiatives.  « Trang arrive de façon exceptionnelle à rassembler les gens autour d’une vision commune et à les amener à travailler ensemble de façon constructive et efficace », complète Marc Therrien. « Elle sait créer des ponts durables entre les individus, les équipes et les disciplines, toujours dans un esprit de collaboration et de respect mutuel. »

 

Une inspiration pour tous et toutes

Plusieurs collègues soulignent l’influence positive exercée par Trang Hoang, sur eux-mêmes mais aussi dans tout l’écosystème de recherche. « Au-delà de l’encadrement scientifique, Trang joue également un rôle majeur comme modèle pour les jeunes femmes scientifiques de notre milieu », mentionne Guy Sauvageau. « Par son parcours, son leadership calme et son exigence intellectuelle, elle a inspiré, et continue de le faire, de nombreuses étudiantes et jeunes chercheuses. » Ce fut notamment le cas pour Julie Lessard : « Trang était la présidente de mon comité de thèse; elle a eu une influence certaine sur le début de ma carrière scientifique ».

Selon Marc Therrien, cette capacité à inspirer s’étend aussi à ses collègues masculins : « Trang demeure pour plusieurs d’entre nous une source de sagesse, d’inspiration et un modèle d’engagement envers la science ».

Julie Mantovani a appris la persévérance et la ténacité auprès de Trang Hoang : « Grâce à elle, j’ai compris qu’on pouvait déplacer des montagnes! Si l’idée ou le projet en vaut la peine, aucune limite ne peut le freiner… il suffit que tout le monde rame ensemble vers l’atteinte des objectifs. »

« Trang est une véritable bâtisseuse, au sens le plus noble du terme », conclut Guy Sauvageau. « Elle conjugue excellence scientifique, sens institutionnel et engagement humain avec une grande humilité. Son impact a façonné de manière déterminante l’IRIC et sa culture — et continue d’influencer durablement notre milieu. »