Claude Perreault, M.D., F.R.C.P. (C)

Distinctions

  • Prix Bernhard Cinader, Société canadienne d’immunologie, 2017
  • Prix Michel-Sarrazin du Club de recherches cliniques du Québec, 2015
  • Prix Léo-Pariseau de l’Acfas, 2011
  • Membre, Académie canadienne des sciences de la santé, 2010-
  • Chaire de recherche du Canada en immunobiologie, 2004–
  • Prix Murray Margarit Memorial, Société de leucémie et de lymphome du Canada, 2009

Formation

  • AEA en immunogénétique, Université Paris VI, 1980
  • Spécialité en hématologie, Université de Montréal, 1979
  • Doctorat en médecine, Université de Montréal, 1975

 Appui à la recherche

  • Fondation Cole
  • Fondation Terry Fox
  • Fonds de la recherche en santé du Québec
  • Instituts de recherche en santé du Canada
  • Katelyn Bedard Bone Marrow Association
  • Société de lutte contre la leucémie et le lymphome
  • Société canadienne du cancer

Hématologue et immunogénéticien de formation, Claude Perreault est un des membres fondateurs de l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) et s’y est établi à titre de chercheur principal en 2005. Outre ses activités de recherche et de formation à l’IRIC, il pratique à titre de clinicien à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, où il a créé le laboratoire d’histocompatibilité et fondé l’unité de transplantation de moelle osseuse.

Avant de se joindre à l’IRIC, le Dr Perreault a œuvré au Centre de recherche de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont qu’il a par ailleurs dirigé de 1992 à 2001.

Les travaux de recherche de Claude Perreault et son équipe à l’IRIC portent sur trois questions principales :

Quelle est la définition moléculaire du soi immunitaire? La capacité de distinguer le soi du non soi est essentielle à la survie de tous les être vivants. Bien que chez les eucaryotes unicellulaires la capacité de distinguer le soi du non soi serve principalement à éviter l’auto-reproduction et le parasitisme germinal, chez les organismes multicellulaires la distinction soi/non-soi sert principalement dans la défense immunitaire. Dans un exemple remarquable d’évolution convergente, on observe chez les agnathes et les vertébrés à mâchoires l’évolution d’un système immunitaire acquis basé sur des récepteurs antigéniques somatiquement diversifiés et  exprimés de façon clonale. La diversification somatique offre un avantage décisif dans la reconnaissance du non soi, mais a un prix: il arrive que certains récepteurs antigéniques sur les lymphocytes T classiques soient auto-réactifs. Par ailleurs, la reconnaissance du soi a une influence omniprésente sur le développement et la fonction du système immunitaire car les lymphocytes T classiques des vertébrés à mâchoires sont éminemment autoréférentiels: ils sont sélectionnés par des molécules du soi, maintenus par des molécules du soi, et activés en présence des molécules du soi. Cela soulève la question fondamentale: quelle est la définition moléculaire de soi pour le système immunitaire acquis? Dans notre effort pour comprendre la genèse du soi immunitaire, nous nous concentrons principalement sur le soi reconnu par les lymphocytes T CD8, c’est-à-dire les peptides présentés par les molécules CMH I (immunopeptidome). Nous avons récemment découvert que l’immunopeptidome est extrêmement plastique et qu’il projette sur la surface cellulaire une représentation des réseaux biochimiques et des événements métaboliques contrôlés à plusieurs niveaux dans la cellule. Puisque la perturbation d’une voie de signalisation unique peut conduire à des changements significatifs dans la composition de l’immunopeptidome, les cellules peuvent communiquer leur statut métabolique au système immunitaire acquis. La plasticité de l’immunopeptidome a des implications importantes en immunobiologie. Selon le contexte, l’inclusion de nouveaux peptides dans l’immunopeptidome peut initier le rejet des tumeurs ou des réactions auto-immunes. Les projets en cours cherchent à comprendre comment les différents types de protéasomes et les polymorphismes génomiques (le soi génomique) influencent l’immunopeptidome (le soi immunitaire) Ce programme de recherche multidisciplinaire est réalisé en collaboration avec les équipes de Pierre Thibault et Sébastien Lemieux.

L’immunothérapie cellulaire adoptive (ITCA) pour le cancer. La transplantation de cellules hématopoïétiques allogénique (TCHA) a conduit à la découverte de la réaction du greffon allogénique contre la leucémie (RGCL), qui demeure la preuve la plus convaincante que les cellules immunitaires peuvent guérir le cancer chez les humains. Cependant, malgré sa grande pertinence paradigmatique et clinique, l’induction de la RGCL par la TCHA classique reste une forme très rudimentaire d’immunothérapie de la leucémie. Elle est toxique et son efficacité est loin d’être optimale. Il est donc décevant de constater que depuis la découverte de la RGCL il ya trois décennies, la façon dont la RGCL est induite et manipulée n’a pratiquement pas changé. Des études pré-cliniques et cliniques suggèrent que l’injection de cellules T mobilisées contre un seul antigène (Ag) présent sur les cellules néoplasiques pourrait renforcer la RGCL sans causer de toxicité pour l’hôte. Nous proposons que l’ITCA ciblant des Ag spécifiques représente l’avenir de l’immunothérapie du cancer et nous évaluons différentes stratégies pour atteindre cet objectif. Les différences entre ces stratégies reposent sur deux éléments clés: la nature de l’Ag ciblé et le type de récepteur antigénique exprimé sur les lymphocytes T.

L’homéostasie des cellules épithéliales thymiques progénitrices. Le thymus, l’organe lymphoïde T primaire chez tous les animaux avec un système immunitaire acquis, a à la fois une structure et une fonction remarquablement conservées. La conservation du thymus sur une période de plus de 450 millions d’années d’évolution et l’absence d’un équivalent ou d’un substitut du thymus dans le règne animal est remarquable quand on considère, par exemple, qu’une dizaine d’organes différents ont été utilisés comme sites principaux de l’hématopoïèse chez les gnathostomes. Aucun autre organe ne peut compenser la perte de la fonction du thymus. Cette situation est problématique puisque l’atrophie progressive du thymus affecte finalement tous les individus vieillissants et peut même affecter les individus plus jeunes souffrant de plusieurs maladies graves. La sénescence du thymus est l’immunopathologie la plus commune chez les humains. L’attrition rapide et irréversible des cellules épithéliales thymiques est très intrigante étant donné que d’autres épithélia (peau, tube digestif) affichent un énorme potentiel d’auto-renouvellement. Nous cherchons donc à comprendre la biologie des cellules épithéliales thymiques progénitrices/souches et à élaborer des stratégies visant à rajeunir le thymus.

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